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Abstract

En tant que mère d’enfants ayant vécu une situation de harcèlement et future enseignante au cycle trois, la problématique du harcèlement scolaire me semblait incontournable. Présenté dans la littérature comme un phénomène sournois dont l’objectif principal est de nuire, il se définit comme un processus itératif, marqué par un rapport de force déséquilibré. Les chercheurs distinguent différents types de harcèlement et une organisation complexe qui implique un lieu propice, un contexte particulier et un ou plusieurs agresseurs face à une victime. Ils soulignent que la dynamique du harcèlement naît fréquemment d’une différence perçue par un seul ou par plusieurs élèves au sein d’un groupe. Certains auteurs relèvent différents types d’élèves victimes et d’élèves harceleurs. Tous ces acteurs interagissent dans une forme de relation triangulaire définie entre l’élève harceleur leader et ses suiveurs, la victime et les élèves témoins. Les spécialistes notent, en outre, que la différence entre harceleurs et harcelés est ténue, ceux-ci partageant certaines caractéristiques communes, comme une mauvaise estime de soi et une vulnérabilité dans les contacts relationnels. Pour tous les élèves impliqués, les conséquences sont aussi sérieuses que néfastes à plus ou moins long terme selon la durée et l’identité de l’auteur des brimades. Or dans un cas avéré de harcèlement scolaire, moins d’un enfant sur deux va se tourner vers un adulte pour faire part de son calvaire. Dans ce contexte, comment percevoir qu’un enfant est pris dans l’engrenage du harcèlement scolaire ? Par le biais de huit entretiens semi-directifs conduits auprès des Directeurs, des médiateurs, des infirmières scolaires et des enseignantes, l’objectif de ce travail est de comprendre comment le phénomène est perçu, défini et pris en charge par les acteurs clés de deux établissements scolaires vaudois.

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