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Abstract

Le burnout (ou syndrôme d'épuisement professionnel) touche aujourd'hui de nombreuses professions. L'enseignement, en tant que métier basé sur des relations interpersonnelles et engageantes émotionnellement, ne fait pas exception. Il est même particulièrement touché par ce phénomène. Un rapport de l'Institut universitaire romand de Santé au Travail rédigé par Studer et Quarroz (2017) avance d'ailleurs le chiffre de 40% des enseignants suisses romands se disant proches du burnout. Ce constat alarmant a initié cette recherche exploratoire sur les risques de burnout d'enseignants vaudois. En se basant sur les travaux précurseurs de Maslach et Jackson en matière d'identification du burnout et notamment sur leur MBI (Maslach Burnout Inventory), cette étude a permis de mesurer les risques de burnout de dix enseignants. Trois dimensions fondamentales de ce phénomène ont été étudiées dans le détail : l'épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le sentiment d'accomplissement personnel. Parallèlement à l'étude de ces risques, cette recherche s'est surtout donnée pour objectif d'en identifier des facteurs de protection. En l'occurrence, deux facteurs ont fait l'objet d'analyses approfondies : le soutien social et la compétence émotionnelle. A la question de savoir s'il existe une relation entre les risques de burnout et le soutien social, les réponses aux entretiens ont démontré qu'il y a peu de différences entre le soutien social à disposition et sollicité par les enseignants et les risques de burnout mesurés. Les résultats montrent par contre que la compétence émotionnelle joue un rôle plus important dans la prévention des risques de burnout. L'origine de ce constat réside dans les différences évidentes de compétence émotionnelle entre les enseignants à faibles niveaux de burnout et ceux témoignant de niveaux plus élevés. Ces constats permettent d'envisager des pistes d'avenir pour mieux prévenir la survenance d'un syndrome d'épuisement professionnel. En axant par exemple la formation des enseignants sur une gestion optimale des émotions, les employeurs et les instituts de formation auraient beaucoup à y gagner, tant les coûts entrainés par des arrêts de travail prolongés sont élevés, sans parler des impacts que peut avoir un enseignant épuisé sur le bienêtre de ses élèves.

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