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Abstract

À l’heure actuelle, les postes de chef·fe d’établissement scolaire sont détenus en grande majorité par des hommes, alors que le corps enseignant est largement constitué de femmes. Cette situation d’inégalité liée au genre, qui existe aussi dans de nombreux autres secteurs professionnels, pose un problème spécifique dans le domaine de l’éducation, car l’école est un lieu important de transmission et de renforcement des stéréotypes. Des chercheuses et chercheurs anglo-saxons, québécois et français ont tenté de documenter ce phénomène, en dégageant notamment les obstacles auxquels les femmes pouvaient être confrontées durant leur parcours. Cependant, alors que le monde de l’éducation suisse n’est pas épargné par le problème, la recherche helvétique ne semble pas encore s’être réellement ni intéressée aux femmes cheffes d’établissement scolaire, ni à la question spécifique de leur sous-représentation. Cette recherche souhaite donc éclairer la question de la sous-représentation des femmes cheffes d’établissement scolaire dans le canton de Vaud où le pourcentage de directrices est deux fois plus bas que celui de la moyenne nationale. Pour atteindre cet objectif, cette étude a choisi de s’intéresser de manière compréhensive aux parcours d’accès d’enseignantes devenues cheffes d’établissement scolaire vaudois. S’inspirant des principes de la Grounded Theory de Glaser et Strauss (1967), cette recherche s’est ainsi tournée vers une approche inductive qualitative visant à théoriser à partir des données du terrain. Dans le cadre d’entretiens compréhensifs, trois cheffes d’établissement primaire et secondaire vaudois ont raconté leurs parcours d’accès à la fonction de directrice. Trois perspectives ont servi de fil conducteur à l’analyse de leur parcours narré : une première perspective a considéré leur parcours comme celui d’une enseignante, une deuxième comme celui d’une leader et le troisième comme celui d’une femme. Les résultats obtenus ont permis d’établir que le parcours d’accès à la fonction de directrice était complexe. Les trois perspectives choisies ont rendu possible un éclairage précis de certains aspects du parcours. Ainsi, l’analyse a notamment montré que le développement professionnel, privilégié par ces femmes, avait servi leur ascension hiérarchique, que l’exercice d’un leadership régulier, visible et reconnu durant leur parcours avait constitué un levier de carrière majeur et que le fait d’être une femme avait clairement compliqué leur accès à un poste de directrice.

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