Files

Action Filename Size Access Description License
Show more files...

Abstract

Les deux axes fondamentaux de l’éducation sont l’obtention d’un niveau maximum d’autonomie, lequel repose sur la capacité de discernement, et de participation sociale. Cette dernière se centre aussi sur la sexualité. Dans ce cadre nous nous intéressons aux pratiques éducatives, autour l’éducation sexuelle, mises en place en foyer auprès des jeunes de 16 à 20 ans avec une déficience intellectuelle. Dans ce contexte, notre problématique revêt un enjeu éducatif qui découle de trois lois: la loi sur l’élimination des inégalités frappant les personnes handicapées (LHand), la loi sur la majorité sexuelle, et la loi sur la capacité de discernement. La question de l’éducation sexuelle se trouve entre ces trois lois. En fait, dans une situation où les éducateurs évaluent un jeune de 16 ans révolus comme incapable de discernement et lui empêchent d’avoir des relations sexuelles comme les autres jeunes tout-venants de son âge, ils feraient de la discrimination: ils iraient contre LHand, qui combat les discriminations et les inégalités en raison d’un handicap, et contre la loi sur la majorité sexuelle, qui donne le droit aux jeunes dès 16 ans d’avoir des relations sexuelles. La problématique repose sur la nécessité pour les professionnels de l’éducation de résoudre ce dilemme posé par ces lois. Les institutions et les professionnels de l’éducation peuvent prendre deux positions opposés par rapport à la question de (l’éducation à) la sexualité: soit permissive, soit prohibitionniste. Nos questions de recherche se basent sur la place de l’éducation sexuelle dans la prise d’autonomie et dans la participation sociale dans un foyer qui adopte un positionnement permissif, et sur comment l’enjeu éducatif est-il résolu par les éducateurs. Les résultats obtenus à travers l’étude de cas d’un foyer « permissif » mettent en évidence que l’autonomie est l’objectif principal de toutes les actions éducatives, et que la participation sociale ainsi que la sexualité sont des effets secondaires de l’autonomie. En plus, même si ce foyer se présente comme permissif et considère les jeunes comme des adultes à part entière, ses actions pédagogiques sont canalisées et quelque fois prohibitionnistes. En fait, face au dilemme qui ressort de l’enjeu éducatif, les éducateurs sont sur la défensive: pour les jeunes, le fait d’avoir des expériences sexuelles ne doit pas signifier subir des violences. Le cas échéant, ils préfèrent aller contre LHand et contre la loi sur la majorité sexuelle afin de les protéger.

Details

Actions

Preview