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En raison de son organisation en filières, le système scolaire de notre canton se situe parmi les plus inégalitaires. En effet, de nombreuses recherches rendent compte des retombées négatives des processus d’orientation au primaire, en attestant le caractère « ségrégatif » et inégalitaire que comporte la sélection sur laquelle ils reposent (Felouzis et Goastellec, 2012). Se pose alors la question de ce qui entre en jeu dans la réussite scolaire. Si les caractéristiques de l’élève et son environnement familial sont certainement les variables au plus fort pouvoir explicatif de la variance des résultats entre élèves à l’école primaire (Ntamakiliro et Benghali Daeppen, 2016), il en existe d’autres spécifiquement liées au contexte scolaire. Parmi celles-ci, les attentes et les représentations des maîtres/esses constituent la part la plus significative des inégalités produites directement par l’école. Dans le canton de Vaud, l’orientation ayant lieu en 7e et 8e HarmoS, le point de vue des enseignants de ces divisions offre un éclairage sur cette période de transition. En effet, il permet de relever les tensions inhérentes au cycle d’orientation ainsi que leurs retentissements pour les acteurs scolaires. À travers le discours de ces professionnels de terrain, on découvre, par exemple, que la pratique enseignante sous-tend un cadre strict et rigoureux, que les élèves sont confrontés à une certaine irréversibilité et que les parents adoptent différentes stratégies pour prévoir l’orientation de leur enfant, en fonction de leur capital culturel et économique. Mais il permet aussi de mettre en exergue les influences qui s’exercent autour de cette période charnière du primaire, et qui se situent à différents niveaux : des inégalités sociales de base, des inégalités de socialisation à l’école, une culture dominante, un système scolaire basé sur la compétition. Compte tenu de toutes ces dimensions, il apparaît que les enseignants perçoivent leur responsabilité dans l’orientation des élèves comme relative. Ils décrivent ainsi un sentiment de non influence quant à l’orientation de leurs élèves. Toutefois, ils avouent adapter - parfois - leurs propres pratiques pour compenser une certaine rigidité du nouveau processus ou pour donner sa chance à un élève qu’ils estiment « méritant ».

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